{"id":21017,"date":"2015-03-13T18:34:59","date_gmt":"2015-03-13T17:34:59","guid":{"rendered":"https:\/\/cbrava.com\/?page_id=21017"},"modified":"2015-04-07T18:11:36","modified_gmt":"2015-04-07T16:11:36","slug":"histoire-de-llanca","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/magazine\/histoire-de-llanca\/","title":{"rendered":"Histoire de Llan\u00e7\u00e0"},"content":{"rendered":"<p><!--:en--><\/p>\n<h3><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-21009 size-medium\" src=\"https:\/\/cbrava.com\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/llansa-historia-300x196.jpg\" alt=\"llansa-historia\" width=\"300\" height=\"196\" \/><\/h3>\n<h3>Llan\u00e7\u00e0, village des lances<\/h3>\n<p>Le port de <a href=\"https:\/\/cbrava.com\/fr\/tourisme\/llanca\/\">Llan\u00e7\u00e0 <\/a>n&#8217;a pas toujours \u00e9t\u00e9 le port aux douze pontons d&#8217;amarrage et aux dizaines de bateaux de plaisance, aux rues commer\u00e7antes, aux nombreuses maisons d&#8217;habitation et immeubles touristiques.\u00a0 Pendant plusieurs si\u00e8cles on ne trouvait dans ce petit port que des barques de p\u00eache \u00e0 rames et \u00e0 voile latine, cir\u00e9es sur le sable de la plage (qui \u00e0 l&#8217;\u00e9poque avait nul besoin d&#8217;\u00eatre ratiss\u00e9 ), ainsi que des cabanes servant \u00e0 abriter le mat\u00e9riel des p\u00eacheurs. Les Llan\u00e7aens avaient leurs maisons d&#8217;habitation au village car le village, au Moyen age, \u00e9tait fortifi\u00e9 et pouvait ainsi les prot\u00e9ger des attaques ext\u00e9rieures, des pirates arrivant par la mer en particulier. On retrouve la m\u00eame structure d&#8217;ailleurs pour Port de la Selva ( le port ), associ\u00e9 \u00e0 la Selva del Mar ( le village ). Il devait donc y avoir parfois des luttes, le nom de Llan\u00e7\u00e0 est d&#8217;ailleurs un nom d&#8217;armes: les lances. Dans certains textes anciens la vall\u00e9e de Llan\u00e7\u00e0 est d\u00e9sign\u00e9e par :&#8221; la vall\u00e9e des lances&#8221;<\/p>\n<h3>Piraterie \u00e0 Llan\u00e7\u00e0 et au Cap de Creus<\/h3>\n<p>Barcelone \u00e9tant devenu un important centre d&#8217;\u00e9changes avec l\u2019Orient aux XII et XIII si\u00e8cles, apr\u00e8s sa participation aux Croisades, l\u2019\u00e9conomie de la Catalogne s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9e. Au XVI si\u00e8cle, les forges et les moulins se multiplient, le fer catalan s&#8217;exporte&#8230; Les pirates s\u00e9vissent alors partout o\u00f9 le commerce est florissant et ils installent leurs repaires dans les anses rocheuses, le long des voies maritimes. La Catalogne restera une cible appr\u00e9ci\u00e9e jusqu&#8217;au XVII si\u00e8cle, \u00e9poque \u00e0 laquelle prend fin sa relative prosp\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>La piraterie ayant consid\u00e9rablement augment\u00e9 depuis que Constantinople \u00e9tait tomb\u00e9e aux mains des Turcs, le roi Philippe II ordonne la reconstruction du syst\u00e8me de d\u00e9fense littoral. Cela ne d\u00e9courage pourtant pas les bandits des mers et, en 1581, il informe le Conseil Municipal de Barcelone que le fameux corsaire Oxtali, venant d\u2019Italie, se dirige avec 60 gal\u00e8res vers les eaux catalanes. Barcelone envoie aussit\u00f4t des messages sur toute la Cote. Gaspar de Vallgornera, abb\u00e9 de Sant Pere de Rodet et Seigneur des villages alentour, interdit alors aux p\u00eacheurs de Llan\u00e7\u00e0 et Port de la Selva de sortir.<\/p>\n<p>La tactique de d\u00e9fense de Llan\u00e7\u00e0 est simple, mais efficace: ses habitants repoussent une premi\u00e8re attaque puis se replient dans les montagnes. Si le danger persiste, les villageois de l&#8217;int\u00e9rieur du pays viennent \u00e0 leur secours, d&#8217;autant plus que un \u00e9dit de Gerone les y oblige. Ces hommes viennent pour une semaine ou deux, s&#8217;installent aux points strat\u00e9giques de la zone montagneuse jusqu&#8217;\u00e0 ce que tout danger ait disparu.<\/p>\n<p>Quoique les Catalans aient bien organis\u00e9 leur syst\u00e8me d\u00e9fensif, en 1652, une trentaine d&#8217;hommes en armes de Llan\u00e7\u00e0 doit repousser une attaque de trois navires pirates. Llan\u00e7\u00e0 pr\u00e9vient encore en 1726 Cadaqu\u00e9s de l\u2019arriv\u00e9e imminente de flibustiers mais, c&#8217;est la derni\u00e8re fois que ce type d&#8217;\u00e9v\u00e9nement est relat\u00e9 dans les chroniques du village. L&#8217;invention de la navigation \u00e0 vapeur mettra un terme \u00e0 la piraterie dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<h3>Nous avons failli passer nos vacances en France<\/h3>\n<p>En 1640, les Catalans entrent en r\u00e9bellion contre le pouvoir madri\u00adl\u00e8ne par la Guerra dels Soldadors. Madrid faisait appel \u00e0 eux non seulement sur le plan fiscal pour financer leur politique imp\u00e9riale, mais aussi en leur donnant obligation d&#8217;h\u00e9berger les soldats en lutte contre la France pendant la guerre de Trente Ans. Il s&#8217;agit en fait d&#8217;une guerre de s\u00e9cession. Louis XIII et Richelieu d\u00e9cident de profiter de l\u00a1occasion pour reconqu\u00e9rir le Roussillon c\u00e9d\u00e9 aux Rois Catholiques, en 1493, par Charles VIII, en \u00e9change de leur appui lors de son entreprise italienne.<\/p>\n<p>Les troupes fran\u00e7aises sont envoy\u00e9es en Roussillon en 1642, et Louis XIII obtient la capitulation de la garnison espagnole lors du si\u00e8ge de Perpignan. De laborieuses et longues n\u00e9gociations suivront pour d\u00e9terminer le trac\u00e9 de la fronti\u00e8re franco-espagnole.<\/p>\n<p>Ainsi, pendant l&#8217;\u00e9laboration de la Paix des Pyr\u00e9n\u00e9es, les ministres Luis de Haro et le Cardinal de Mazarin tentent d&#8217;arriver \u00e0 un accord au cours de 24 sessions, du 13 ao\u00fbt au 7 novembre 1759, qui ont lieu sur la Bidassoa, \u00e0 l&#8217;\u00eele des Faisans, dans une luxueuse tente d\u00e9cor\u00e9e par Vel\u00e1zquez. Le r\u00e9sultat n&#8217;en est pas pour autant concluant: il est seulement pr\u00e9vu que le trac\u00e9 frontalier doit \u00eatre remodel\u00e9 et une commission franco-espagnole qui se r\u00e9unira \u00e0 C\u00e9ret en d\u00e9cidera les moindres d\u00e9tails. La France d\u00e9l\u00e8gue les \u00e9v\u00eaques de Toulouse et d&#8217;Orange, l\u2019Espagne les Catalans Miquel Salv\u00e0 i Valgornera et Josep Romeu de Ferrer. Lors des discussions, les Fran\u00e7ais r\u00e9clament les villages de Llan\u00e7\u00e0, de Port de la Selva, le monast\u00e8re de Sant Pere de Rodes et la partie Nord du Cap de Creus en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 une ancienne d\u00e9limitation de roi Jaume I qui les In\u00adcluait au territoire du Roussillon. Apr\u00e8s moult n\u00e9gociations, les parties en pr\u00e9sence arrivent finalement \u00e0 conclure raccord selon lequel la fronti\u00e8re serait \u00e9tablie entre Banyuls et le Cap Cervera &#8211; Cerb\u00e8re. Ainsi naquit dans les Pyr\u00e9n\u00e9es Orientales la fronti\u00e8re que nous franchissons aujourd&#8217;hui sans encombres, malgr\u00e9 les dissensions qui perdur\u00e8rent jusqu&#8217;au &#8230; XX si\u00e8cle.<\/p>\n<p>La vigne et l\u2019olivier, les richesses du XVII \u00e8me si\u00e8cle<\/p>\n<p>Entre 1718 et 1720, le prix du bl\u00e9 est tr\u00e8s bas alors que celui du vin augmente. Cette situation pousse les habitants de l\u2019Empord\u00e0 et de toute la Catalogne \u00e0 planter des ceps de vigne sur de vastes espaces rest\u00e9s en friche jusque-l\u00e0. De nouveaux champs sont ainsi travaill\u00e9s autour de Llan\u00e7\u00e0 et jusqu&#8217;au pied des montagnes. Les terrains accident\u00e9s sont r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la culture des oliviers dont la qualit\u00e9 assure une production d&#8217;huile importante. Les collines qui nous entourent, avec les marques des cultures en terrasses, t\u00e9moignent encore de ce labeur.<\/p>\n<p>Un autre fait favorise \u00e9galement le d\u00e9veloppement des activit\u00e9s agricoles: l&#8217;apparition du bail emphyt\u00e9otique cr\u00e9\u00e9 par la Catalogne dans le cadre du Droit r\u00e9gional. Il s&#8217;agit d&#8217;un bail conclu pour une longue dur\u00e9e. Les pauvres gens, jusqu&#8217;alors, ne pouvaient envisager de poss\u00e9der le moindre lopin. Ils ont maintenant la possibilit\u00e9 de cultiver une terre, de transmettre ou de vendre leur droit d&#8217;exploitation, moyennant un modeste loyer annuel. Ces changements entra\u00eenent un essor commercial qui, accompagn\u00e9 des d\u00e9buts de la R\u00e9volution industrielle \u00e0 la fin du XVIIIeme si\u00e8cle, favorisera la naissance d&#8217;une Catalogne moderne.<\/p>\n<p>Dans la r\u00e9gion, on produit du vin blanc, rouge, ros\u00e9, et du Moscatel. A l\u2019\u00e9poque de la r\u00e9colte, des acheteurs de nombreuses contr\u00e9es se rendent \u00e0 Llan\u00e7\u00e0. Un anonyme t\u00e9moin de ces temps heureux relate que les G\u00e9nois, ayant go\u00fbt\u00e9 la saveur et la douceur des vins du pays, deviendront les acheteurs les plus enthousiastes et que leurs bateaux, ancr\u00e9s dans la baie Llan\u00e7\u00e0naise, repartent charg\u00e9s de fruits afin de les transporter au-del\u00e0 de la mer. Un peu plus tard, ils seront rejoints par les Fran\u00e7ais et les Allemands qui ach\u00e8tent d&#8217;\u00e9normes quantit\u00e9s de tous les produits offerts. Beaucoup d&#8217;Espagnols viennent aussi, contribuant \u00e0 la renomm\u00e9e des savoureux raisins qui ont rendu Llan\u00e7\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre.<\/p>\n<h3>La naissance du Port de Llan\u00e7\u00e0<\/h3>\n<p>D\u00e8s la fin du XVIIeme. si\u00e8cle, la piraterie ne repr\u00e9sente plus de r\u00e9el danger pour les habitants de la C\u00f4te. Apparaissent alors les premiers villages de marins p\u00e9cheurs. Auparavant, ceux de Llan\u00e7\u00e0 vivaient probablement au Village et ne poss\u00e9daient, sur le bord de mer, que des cabanes leur servant de remises pour le mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>Le risque d&#8217;attaque devenant minime, la p\u00eache s&#8217;intensifie et prend une importance grandissante dans l&#8217;\u00e9conomie r\u00e9gionale. De ce fait, le nombre de p\u00eacheurs augmente et ceux-ci construisent les premi\u00e8res maisons pour leur famille. Elles sont coll\u00e9es les unes aux autres, comme s&#8217;ils craignaient d&#8217;avoir encore \u00e0 les d\u00e9fendre contre les pirates.<\/p>\n<p>C&#8217;est au XVIIIeme si\u00e8cle que se produit l&#8217;expansion du Port, lorsque l&#8217;exportation de vin et d &#8216;huile vers l&#8217;Italie et la France s&#8217;ajoute aux activit\u00e9s de la p\u00e8che. A cette \u00e9poque, il compte environ 200 habitants. Ce chiffre variera peu jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e du tourisme. Une partie des fondateurs du Port de Llan\u00e7\u00e0 est sans doute d&#8217;origine fran\u00e7aise. En effet, entre 1620 et 1640, 26 tombes de &#8220;Fran\u00e7ais&#8221; sont recens\u00e9es au cimeti\u00e8re, et bien s\u00fbr, sans compter celles des femmes ! On peut supposer qu&#8217;en ce temps l\u00e0, au moins 20% de la population sont d&#8217;origine fran\u00e7aise. Certains noms de famille actuels en portent la trace: Gros, Garriga\u2026<\/p>\n<p>Comme de nombreux ports, celui de Llan\u00e7\u00e0 poss\u00e8de une chapelle, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la Mare de Deu -la M\u00e8re de Dieu-. La date figurant sur le portail: 1691, correspond \u00e0 sa construction. La l\u00e9gende raconte que\u2026<\/p>\n<p>&#8221; Lors d&#8217;une horrible temp\u00eate, un navire, ballott\u00e9 sur les flots d\u00e9cha\u00een\u00e9s, naviguait dans le Golfe du Lion. Les marins, persuad\u00e9s que leur derni\u00e8re heure allait sonner, firent le serment d&#8217;\u00e9difier une chapelle \u00e0 la Vierge s&#8217;ils r\u00e9ussaient \u00e0 atteindre un port. Et&#8230;, ils abord\u00e8rent dans la baie de Llan\u00e7\u00e0.<\/p>\n<h3>Crise de la viticulture<\/h3>\n<p>Au XIXeme si\u00e8cle, la viticulture procure la plus grande partie des reve\u00adnus des Llan\u00e7\u00e0nais. La d\u00e9cade 1845 -1855 est certainement la p\u00e9riode de plantation de vignes la plus intensive de toute l\u2019histoire agricole de la r\u00e9gion, au d\u00e9triment de la c\u00e9r\u00e9aliculture et de l\u2019\u00e9levage. En effet, les vins de l\u2019Empord\u00e0 sont vendus \u00e0 des prix consid\u00e9rables dans nombre de pays d&#8217;Europe. Llan\u00e7\u00e0, comme les villages alentour : Rabos, Vilamaniscle, Vilajuiga&#8230;, vit une p\u00e9riode exceptionnelle de prosp\u00e9rit\u00e9 entre 1830 et 1855.<\/p>\n<p>Malheureusement, l&#8217;o\u00efdium y met brusquement fin. Cette maladie, plus redoutable pour la vigne que pour les autres v\u00e9g\u00e9taux, est provo\u00adqu\u00e9e par un champignon. Les feuilles se couvrent d&#8217;une poussi\u00e8re blanch\u00e2tre semblable \u00e0 de la cendre et elles finissent par tomber. Il n&#8217;est donc plus question de r\u00e9colte.<\/p>\n<p>En 1856, l&#8217;o\u00efdium est mentionn\u00e9 pour la. Premi\u00e8re fois dans les chro\u00adniques villageoises : la Mairie demande \u00e0 l&#8217;Administration fiscale une exon\u00e9ration d&#8217;imp\u00f4ts pour les propri\u00e9taires des vignes contami\u00adn\u00e9es. En 1857, elle r\u00e9it\u00e8re sa requ\u00eate en pr\u00e9cisant que la r\u00e9colte de raisin a \u00e9t\u00e9 quasiment nulle depuis six ans alors qu&#8217;elle est la principale source de revenus du village. La population se trouve donc dans incapacit\u00e9 de payer quoi que ce soit au Tr\u00e9sor Public.<\/p>\n<p>L\u2019o\u00efdium est combattu par le souffre et les archives ne font plus \u00e9tat de cette maladie apr\u00e8s cette date. Cela permet de penser qu&#8217;une page noire de l\u2019histoire de la viticulture est tourn\u00e9e et l\u2019exportation de vin prosp\u00e8re \u00e0 nouveau&#8230; jusqu&#8217;\u00e0 la crise du phyllox\u00e9ra dans les ann\u00e9es 1880-1890. Le premier cas est signal\u00e9 \u00e0 Rabos, en 1879.<\/p>\n<p>Cette nouvelle \u00e9pid\u00e9mie est due \u00e0 une esp\u00e8ce de pucerons &#8211; Phylloxera vastatrix &#8211; qui s&#8217;attaque aux racines des ceps et provoque leur mort. Elle s&#8217;est d&#8217;abord d\u00e9clar\u00e9e aux Etats \u00adUnis puis s&#8217;est rapidement propag\u00e9e en Europe, notamment en France et en Espagne. Ceci s&#8217;explique par le fait qu&#8217;\u00e0 cette \u00e9poque, pour obtenir une production massive des crus traditionnels, on greffe des plants californiens r\u00e9put\u00e9s pour leur robustesse et leur productivit\u00e9. Des ceps contamin\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 import\u00e9s or, les climats chauds favorisent le d\u00e9veloppement du phyllox\u00e9ra qui touche donc plus particuli\u00e8rement les r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes&#8230;<\/p>\n<p>En peu de temps, les vignes sont \u00e0 nouveau contamin\u00e9es, et encore plus gravement que par l&#8217;o\u00efdium. Les villageois des environs pr\u00e9sentent encore de nombreux requ\u00eates pour \u00eatre exon\u00e9r\u00e9s d&#8217;imp\u00f4ts. A partir de 1904, il semble que les r\u00e9coltes soient revenues \u00e0 un niveau normal. Cependant, la viticulture llan\u00e7\u00e0naise ne retrouvera plus jamais l&#8217;importance qu&#8217;elle avait.<\/p>\n<p>Et&#8230;, quelques d\u00e9cennies plus tard, les vignes seront transform\u00e9es en terrains \u00e0 b\u00e2tir avec le boom du tourisme.<\/p>\n<h3>1978\u00a0: Le Cheval de Fer arrive au village<\/h3>\n<p>Le 20 janvier 1878, un train sp\u00e9cial, Le Premier, entre \u00e0 Llan\u00e7\u00e0. Ce convoi, compos\u00e9 de cinq splendides wagons fabriqu\u00e9s en Allemagne, d&#8217;une locomotive d\u00e9cor\u00e9e des armoiries espagnoles et du drapeau fran\u00e7ais, de fleurs, de couronnes de lauriers, de rameaux d&#8217;oliviers&#8230;, est accueilli dans une station envahie par une population enthousiaste qui applaudit \u00e0 tout rompre. A Colera, le train est re\u00e7u par une Compagnie du 49eme R\u00e9giment d&#8217;Infanterie d&#8217;Asie, avec banderoles et fanfare. D\u00e9j\u00e0 \u00e0 Gerone, l\u2019\u00e9v\u00eaque avait b\u00e9ni les voitures et sur un autel install\u00e9 \u00e0 la gare, une messe avait \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9e. Ce jour-l\u00e0, le thermom\u00e8tre indiquait moins un degr\u00e9, aussi les eccl\u00e9siastiques, exceptionnellement, avaient-ils permis aux assistants de l\u2019office de rester couverts, la temp\u00e9rature \u00e9tant si rigoureuse. Un banquet, dans le restaurant de la gare, acheva cette c\u00e9l\u00e9bration. Ainsi nous est d\u00e9crite l\u2019inaugura de la ligne ferroviaire Barcelona-Portbou. C&#8217;est l&#8217;\u00e9v\u00e9nement ! \u00c9v\u00e9nement et orgueil des Catalans car la construction de cette ligne est due exclusivement \u00e0 leur initiative et \u00e0 leurs investissements.<\/p>\n<p>Or, cette liaison avait n\u00e9cessit\u00e9 le travail de nombreux ouvriers. La majorit\u00e9 venait de l\u2019arri\u00e8re-pays avec leur famille et s&#8217;installait dans des maisons lou\u00e9es. D&#8217;autres vi\u00advaient dans des baraquements b\u00e2tis par la compagnie ferroviaire.<\/p>\n<p>Ici ce sont surtout les tunnels d\u00e9 Grifeu, Garbet, Portbou, et le pont de Colera qui avaient rendu n\u00e9cessaire l\u2019emploi de tant d&#8217;ouvriers. Le pont de Colera, par exemple, dut \u00eatre reconstruit apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit, le 5 d\u00e9cembre 1877, par une tramontane excessivement forte.<\/p>\n<p>A partir du 23 janvier, deux liaisons quotidiennes sont assur\u00e9es dans la matin\u00e9e entre Barcelone et Portbou. La ligne de chemin de fer atteindra Cer\u00adb\u00e8re le 15 mai 1878. Les habitants de Llan\u00e7\u00e0 profitent d\u00e8s lors de cette ouver\u00adture sur l&#8217;ext\u00e9rieur, tant sur le plan \u00e9conomique que culturel&#8230;<\/p>\n<p>Le Maire, pourtant, quel\u00adques ann\u00e9es plus tard, ne partage plus cet enthousiasme. Le 18 mai 1888, il requiert apr\u00e8s du Gouverneur de la Province une diminution des imp\u00f4ts du fait que les ouvriers employ\u00e9s \u00e0 la construction du chemin de fer ont quitt\u00e9 Llan\u00e7\u00e0, de m\u00eame que nombre d&#8217;agriculteurs et d&#8217;ouvriers agricoles \u00e0 cause de la crise du phyllox\u00e9ra. Si bien que la population diminue&#8230;<\/p>\n<h3>La Pla\u00e7a Major<\/h3>\n<p>L&#8217;affrontement entre Carlistes et Lib\u00e9raux est une caract\u00e9ristique de l\u2019histoire politique espagnole du XIX \u00e8me si\u00e8cle. Les Carlistes, partisans de Charles de Bourbon, Comte de Molina, tent\u00e8rent de s&#8217;emparer du tr\u00f4ne d&#8217;Espagne lors de trois guerres : 1833-39, 1846-49, 1872-76.<\/p>\n<p>L&#8217;id\u00e9ologie r\u00e9publicaine, f\u00e9d\u00e9rale et lib\u00e9rale, gagne peu \u00e0 peu de nombreux adeptes parmi la population llan\u00e7anaise. La plantation d&#8217;un Arbre de la Llibertat, un platane, en 1870, au milieu de la Plaza de la Constitution &#8211; factuelle Pla\u00e7a Major est l\u2019expression de ce succ\u00e8s. La coutume de planter un arbre dans un lieu public comme symbole de la conqu\u00eate de libert\u00e9s par le peuple venait de France. Elle date de la R\u00e9volution de 1789 et avait \u00e9t\u00e9 reprise en 1848, apr\u00e8s la chute de Louis-Philippe.<\/p>\n<p>Aucune archive villageoise ne mentionne la date de 1870 pour cet \u00e9v\u00e8nement, mais elle est \u00e9voqu\u00e9e dans un po\u00e8me d&#8217;un ancien Alcalde &#8211; Maire -, P\u00e8re Purcallas, qui d\u00e9dia une ode au village. Josep Clavaguera i Canet, auteur des &#8221; Notes Historiques &#8220;, ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire de Llan\u00e7\u00e0, estime qu&#8217;elle est fiable. L&#8217;Alcalde \u00e9crit que les feuilles du platane sont&#8230; &lt; &lt; comme celles d&#8217;un arbre d&#8217;un jardin fleuri si nous le soignons, toujours il se renouvellera des rameaux et des ramelles, il donnera pr\u00e9parant l\u2019\u00e9ternel printemps de demain&#8230; &gt; &gt;<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019Arbre de la Llibertat est le t\u00e9moin d&#8217;un si\u00e8cle d&#8217;histoire villageoise. L&#8217;Arbre, plus que centenaire, a donn\u00e9 un branchage couvrant quasiment toute la Pla\u00e7a.<\/p>\n<h3>Les temps modernes<\/h3>\n<p>Au d\u00e9but du XX \u00e8me si\u00e8cle, apr\u00e8s que le phyllox\u00e9ra ait \u00e9t\u00e9 vaincu, la population reprend ses activit\u00e9s habituelles. La viticulture est de nouveau rentable et les distilleries, dont trois au moins sont importantes, fonctionnent au maximum de leurs capacit\u00e9s. Le niveau de vie des Llan\u00e7anais s&#8217;\u00e9levant, ils envisagent l\u2019avenir avec optimisme, \u00e0 l&#8217;exception d&#8217;une trentaine de familles qui re\u00e7oit une assistance de la communaut\u00e9 sous la forme de bons d&#8217;achat de viande ou de traitements m\u00e9dicaux gratuits.<\/p>\n<p>Les Llan\u00e7anais n&#8217;h\u00e9sitent donc pas \u00e0 embellir et \u00e0 moderniser leur village. Des arbres sont plant\u00e9s un peu partout, les maisons raval\u00e9es, les rues am\u00e9nag\u00e9es, des puits sont for\u00e9s, d&#8217;autres transform\u00e9s en fontaines&#8230; La Mairie peut m\u00eame se permettre d&#8217;acqu\u00e9rir un corbillard&#8230;<\/p>\n<p>En 1907, les premiers becs de gaz entrent en service et d\u00e8s 1915, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 arrive \u00e0 Llan\u00e7\u00e0 ce qui, bien s\u00fbr, donne lieu \u00e0 une grande f\u00eate pour inaugurer l&#8217;\u00e9clairage public. La m\u00eame ann\u00e9e, la soci\u00e9t\u00e9 La Artesana, demande l&#8217;autorisation de projeter des films&#8230; Le progr\u00e8s ne s&#8217;arr\u00eate plus&#8230;<\/p>\n<p>Les communications routi\u00e8res s&#8217;am\u00e9liorent elles aussi. La construction de la route entre Colera et Llan\u00e7\u00e0 d\u00e9bute en 1909, quatre ans plus tard, c&#8217;est celle de la voie Llan\u00e7\u00e0-Vilajuiga, parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019apparition des premi\u00e8res bicyclettes et automobiles. Mais, cette fr\u00e9n\u00e9sie de travaux publics provoque la fureur de certains, notamment de tous ceux qui ont la malchance de poss\u00e9der un terrain situ\u00e9 sur le trac\u00e9 des routes et se retrouvent expropri\u00e9s.<\/p>\n<p>M\u00eame la vie culturelle conna\u00eet un renouveau comme en t\u00e9moigne le d\u00e9veloppement de l&#8217;enseignement pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es du si\u00e8cle, du moins jusqu&#8217;\u00e0 ce que le coup d&#8217;\u00e9tat de Primo de Rivera et l&#8217;\u00e9tablissement de la dictature y mette un frein en 1923. En effet, Llan\u00e7\u00e0 compte une \u00e9cole \u00e9l\u00e9mentaire publique pour gar\u00e7ons et une pour filles; trois \u00e9coles priv\u00e9es, dont deux pour gar\u00e7ons&#8230; En 1906, un inspecteur remarque la discipline et le bon niveau des \u00e9l\u00e8ves bien que l&#8217;am\u00e9nagement des salles soit encore un peu d\u00e9ficient.<\/p>\n<p>Les villageois se distraient surtout lors des f\u00eates, aussi bien religieuses que la\u00efques, qui offrent l&#8217;occasion d&#8217;organiser des bals populaires. Curieusement, la Sardana, si r\u00e9pandue aujourd&#8217;hui, n&#8217;est mentionn\u00e9e dans les archives municipales de l&#8217;\u00e9poque qu&#8217;une seule fois : des jeunes demandant l&#8217;autorisation d&#8217;organiser un concours de Sardanas pendant la Fiesta. Major, le Maire leur accorde une subvention de 25 pesetas.. Autre distraction tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e : la projection de films qui supplantera les repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales populaires.<\/p>\n<p>La p\u00e9riode suivante &#8211; 1923-1930 &#8211; sera-t-elle aussi une \u00e9poque de grands travaux, caract\u00e9ristique des dictatures, mais les Llan\u00e7anais avaient d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 l\u2019essentiel.<!--:--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Llan\u00e7\u00e0, village des lances Le port de Llan\u00e7\u00e0 n&#8217;a pas toujours \u00e9t\u00e9 le port aux douze pontons d&#8217;amarrage et aux dizaines de bateaux de plaisance, aux rues commer\u00e7antes, aux nombreuses maisons d&#8217;habitation et immeubles touristiques.\u00a0 Pendant plusieurs si\u00e8cles on ne trouvait dans ce petit port que des barques de p\u00eache \u00e0 rames et \u00e0 voile [&#8230;]\n","protected":false},"author":196,"featured_media":0,"parent":21083,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"class_list":["post-21017","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/21017","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/196"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21017"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/21017\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/21083"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21017"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}