{"id":20246,"date":"2015-03-07T13:26:45","date_gmt":"2015-03-07T12:26:45","guid":{"rendered":"https:\/\/cbrava.com\/?page_id=20246"},"modified":"2015-04-07T18:26:52","modified_gmt":"2015-04-07T16:26:52","slug":"dali-le-genie-de-cadaques","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/magazine\/dali-le-genie-de-cadaques\/","title":{"rendered":"Dal\u00ed, le g\u00e9nie de Cadaqu\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p><!--:es--><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-20230 size-full aligncenter\" src=\"https:\/\/cbrava.com\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/dali1.jpg\" alt=\"dali1\" width=\"153\" height=\"128\" \/><\/p>\n<p>Interview avec John Peter Moore de l&#8217;ann\u00e9e 1998<\/p>\n<p>Si l&#8217;on peut d\u00e9signer Picasso comme l&#8217;artiste &#8220;le plus connu&#8221; du \u00a0XX\u00e8 si\u00e8cle, Marc Chagall comme &#8220;le plus aim\u00e9&#8221;, on peut attribuer sans aucun doute \u00e0 Salvador Dal\u00ed le titre &#8220;d&#8217;artiste le plus important du XX\u00e8 si\u00e8cle&#8221;. Plus d&#8217;une million de visiteurs en quatre mois seulement au Centre Pompidou \u00e0 Paris, des prix de tableaux aux ench\u00e8res qu&#8217;aucun autre artiste n&#8217;a jamais pu atteindre de son vivant, des files sans fin de touristes devant le mus\u00e9e Dal\u00ed \u00e0 Figueres le prouvent.<\/p>\n<p>CapCreus online s&#8217;est entretenu avec le Capitaine John Peter Moore, qui a non seulement fait de Dal\u00ed une vedette mondiale mais l&#8217;a \u00e9galement transform\u00e9 en homme riche. Moore a eu une vie pleine de changements: Irlandais de naissance il est \u00e9lev\u00e9 en France, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Nice, o\u00f9 il obtient son baccalaur\u00e9at. Plus tard, membre du service secret britannique, bien qu&#8217;\u00e9tant encore un tr\u00e8s jeune homme il fait la connaissance de Churchill et de Roosevelt. Il est promu officier de la L\u00e9gion d&#8217;honneur par le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle et travaille ensuite comme chef producteur de la &#8220;London Films&#8221; \u00e0 Rome avec les tr\u00e8s grands du monde cin\u00e9matographique: Rosselini, Orson Welles, de Sica, David Lean&#8230; et avec des vedettes comme Laurence Olivier, James Mason ou l&#8217;inoubliable Grace Kelly. &#8220;Mais&#8221;, nous affirme le Capitaine John Peter Moore, &#8220;l&#8217;\u00e9poque de mon existence partag\u00e9e avec Dal\u00ed correspond \u00e0 la p\u00e9riode la plus int\u00e9ressante de ma vie. Nous nous rencontrions presque quotidiennement que ce soit durant les \u00e9t\u00e9s pass\u00e9s \u00e0 <a href=\"https:\/\/cbrava.com\/fr\/tourisme\/cadaques\/\">Cadaqu\u00e9s <\/a>ou pendant les hivers \u00e0 New York. Gala, l&#8217;\u00e9pouse du ma\u00eetre, aimait les hivers new-yorkais, \u00e9tant d&#8217;origine russe elle avait besoin de la froideur hivernale. Dal\u00ed n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas un nom catalan. Je pense que les anc\u00eatres de Salvador Dal\u00ed \u00e9taient d&#8217;origine gitane. Ils seraient venus du Sud de l&#8217;Espagne pour s&#8217;occuper des chevaux du fort militaire de Figueres. L&#8217;\u00e9vocation de ses anc\u00eatres \u00e9taient d&#8217;ailleurs pour Dal\u00ed un th\u00e8me absolument tabou. Son grand-p\u00e8re vivait \u00e0 Cadaqu\u00e9s, et, au plus grand \u00e9tonnement du village, bien que de condition modeste il r\u00e9ussit \u00e0 faire de son fils un notaire. Les \u00e9tudes furent longues, elles dur\u00e8rent sept ans, et, biens s\u00fbr, furent on\u00e9reuses. Le p\u00e8re de Salvador devenait ainsi le seul notaire de Figueres, c&#8217;est \u00e0 dire un personnage important connaissant tr\u00e8s bien la population de sa ville. Il devint mat\u00e9riellement ais\u00e9, et \u00e9tait comme son fils dot\u00e9 d&#8217;un caract\u00e8re excentrique. Le v\u0153u plus cher du notaire (ath\u00e9iste d\u00e9clar\u00e9 -une impertinence \u00e0 cette \u00e9poque-) \u00e9tait que son fils lui succ\u00e9d\u00e2t. Il reconnaissait les talents artistiques de ce dernier mais \u00e9tait \u00e9galement persuad\u00e9 qu&#8217;avec de telles activit\u00e9s l&#8217;on ne pouvait pas gagner l&#8217;argent n\u00e9cessaire pour vivre. Le jeune Salvador Dal\u00ed n&#8217;\u00e9tait pas d&#8217;accord avec lui: &gt;Papa, je ne veux pas passer ma vie \u00e0 signer des documents dans un bureau.&lt; Anecdote un peu marginale: Lorsque plus tard il signa des milliers de lithographies, Dal\u00ed soupirait: &gt; Mon p\u00e8re, durant toute sa vie, n&#8217;a jamais sign\u00e9 autant de papiers que moi!&lt;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-20235 size-full\" src=\"https:\/\/cbrava.com\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/dali2.jpg\" alt=\"dali2\" width=\"206\" height=\"156\" \/><\/p>\n<p>En tant qu&#8217;intellectuel espagnol typique de cette \u00e9poque, Salvador Dal\u00ed a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 de mani\u00e8re id\u00e9ale \u00e0 une carri\u00e8re artistique.Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 par des Sal\u00e9siens, poss\u00e9dait un immense vocabulaire en Fran\u00e7ais, et il suivit pendant quinze ans des cours aux beaux arts, \u00e0 Figueres, puis \u00e0 Girona, pour continuer \u00e0 Barcelone et finir \u00e0 Madrid, o\u00f9, entre autres, il fit la connaissance d&#8217;amis comme Lluis Bunuel, futur metteur en sc\u00e8ne, et comme l&#8217;\u00e9crivain Federica Garcia Lorca. Dal\u00ed, par contre, n&#8217;\u00e9prouvait pas beaucoup d&#8217;estime pour ses professeurs. Ils ne valent rien, disait-il. Dal\u00ed aurait pu aussi bien devenir metteur en sc\u00e8ne, qu&#8217;\u00e9crivain ou sculpteur, mais il avait choisi la peinture. Etant jeune, il \u00e9tait assez peu motiv\u00e9 et il aurait pu finir sa vie comme un modeste peintre de province. Cela fut le cas jusqu&#8217;au moment o\u00f9 Gala entra dans sa vie. Gala venait passer l&#8217;\u00e9t\u00e9 \u00e0 Cadaqu\u00e9s avec son mari, Paul Eluard. Celui-ci n&#8217;\u00e9tait pas seulement c\u00e9l\u00e8bre et riche mais \u00e9tait \u00e9galement un grand charmeur et il quitta Cadaqu\u00e9s durant l&#8217;\u00e9t\u00e9 pour une aventure galante.<\/p>\n<p>Gala resta chez Salvador Dal\u00ed \u00e0 Cadaqu\u00e9s, au plus grand plaisir de la famille notariale: une femme de dix ans plus \u00e2g\u00e9e que son fils, Russe et divorc\u00e9e, c&#8217;\u00e9tait de trop m\u00eame pour un ath\u00e9iste excentrique \u00e9ventuellement d&#8217;origines gitanes. Le notaire arr\u00eata les paiements envoy\u00e9s \u00e0 son fils, et la s\u0153ur de celui-ci d\u00e9non\u00e7a Gala comme p\u00e9ripat\u00e9ticienne \u00e0 la Guardia Civile de Cadaqu\u00e9s. Les investigations polici\u00e8res n&#8217;eurent pas de cons\u00e9quences importantes, mais par la suite le peintre ne parla plus jamais \u00e0 sa s\u0153ur. Gala avait l&#8217;habitude du luxe de par ses origines familiales russes mais aussi de par son mariage avec Paul Eluard. Elle n&#8217;arriva pas chez Dal\u00ed les mains vides, mais plut\u00f4t pleines de meubles, de bijoux et de v\u00eatements. Eluard et Dal\u00ed rest\u00e8rent quand m\u00eame amis. Au sens propre du mot le mariage entre Gala et Salvador Dal\u00ed n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9. Le mari \u00e9tait un voyeur, l&#8217;\u00e9pouse avait souvent besoin de jeunes hommes: un mariage parfait. Gala \u00e9tait mondaine, extravagante, elle connaissait le grand monde et savait y \u00e9voluer.<\/p>\n<p>Elle aimait le luxe, elle aimait Salvador Dal\u00ed et Dal\u00ed aimait Gala. Son nouveau mari devait devenir d&#8217;ailleurs aussi riche et c\u00e9l\u00e8bre que son ancien. Il faut dire qu&#8217;il existait une autre femme dans la vie de Dal\u00ed: Nanita, Kalaschnikow par alliance, un mannequin de chez Dior. Le p\u00e8re de cette derni\u00e8re \u00e9tait un \u00e9crivain qui avait produit au fil de sa vie plus de 2000 nouvelles \u00e0 l&#8217;eau de rose. Quand Nanita \u00e9tait malade Dal\u00ed passait trois heures dans l&#8217;\u00e9glise de Cadaqu\u00e9s \u00e0 prier. Dal\u00ed \u00e9tait religieux et non anticl\u00e9rical, comme on peut le lire parfois.<\/p>\n<p>Avec Gala les voyages commenc\u00e8rent, suivis par les premi\u00e8res ventes \u00e0 Paris qui, financi\u00e8rement, n&#8217;\u00e9taient pas de premier ordre mais touchaient des gens importants ayant une grande influence dans le monde artistique de l&#8217;\u00e9poque. Jean Cocteau, qui n&#8217;avait jamais de sa vie achet\u00e9 un tableau, acquit un &#8220;Dal\u00ed&#8221; pour l&#8217;offrir \u00e0 Pablo Picasso. A l&#8217;occasion de leur premier voyage \u00e0 New York Gala et Dal\u00ed d\u00een\u00e8rent en arrivant dans cette ville en compagnie du duc de Windsor et de son \u00e9pouse Wallis Simpson. Si l&#8217;on d\u00e9sire vendre des tableaux \u00e0 des prix \u00e9lev\u00e9s il est certainement plus favorable, pour r\u00e9aliser cela de conna\u00eetre le duc de Windsor plut\u00f4t qu&#8217;un marchand de cacahu\u00e8tes. Dal\u00ed f\u00fbt oblig\u00e9 de vendre ses tableaux cher car Gala avait besoin de beaucoup d&#8217;argent. Dal\u00ed, lui-m\u00eame, avait une attitude assez d\u00e9tach\u00e9e par rapport \u00e0 l&#8217;argent. Il avait simplement compris que si l&#8217;on veut devenir mondialement c\u00e9l\u00e8bre il faut chercher \u00e0 \u00eatre proche du pouvoir, et, l\u00e0, o\u00f9 est le pouvoir est aussi l&#8217;argent. Un \u00e9pisode d\u00e9montre bien la relation de l&#8217;artiste avec les dollars:<\/p>\n<p>Dal\u00ed voulant se d\u00e9placer \u00e0 New York de son h\u00f4tel \u00e0 un autre demanda \u00e0 Gala l&#8217;argent pour le taxi; elle lui donna un billet de 100 dollars. Une fois arriv\u00e9 \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel il t\u00e9l\u00e9phona \u00e0 Gala pour se plaindre qu&#8217;il n&#8217;avait plus d&#8217;argent pour le retour en taxi. Gala lui dit, constern\u00e9e, qu&#8217;il fallait payer un trajet de taxi mais non pas acheter le taxi lui-m\u00eame. La solution de l&#8217;\u00e9nigme? Le compteur du taxi avait indiqu\u00e9 1.00 ce qui voulait dire 1 Dollar. Dal\u00ed avait donn\u00e9 le billet de 100 dollars au taxiste certainement tr\u00e8s satisfait de sa journ\u00e9e.&#8221;<\/p>\n<p>Le capitaine John Peter Moore commen\u00e7a \u00e0 travailler pour Dal\u00ed officiellement, et \u00e0 plein temps, \u00e0 partir de 1962.<\/p>\n<p>Dal\u00ed \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque un artiste tr\u00e8s connu, mais n&#8217;\u00e9tait pas du tout un homme riche. Quand plus tard John Peter Moore et Dal\u00ed se s\u00e9par\u00e8rent ce dernier pesait autour de 32 millions de dollars. John Peter Moore: &#8220;L&#8217;entr\u00e9e dans le march\u00e9 de l&#8217;art n&#8217;\u00e9tait pas tr\u00e8s difficile pour moi. Je connaissais bien le monde du cin\u00e9ma, celui-ci \u00e9tant en majorit\u00e9 juif les conditions de vente d&#8217;\u0153uvres d&#8217;art \u00e9taient ainsi r\u00e9alis\u00e9es. Pour le succ\u00e8s mondial de Dal\u00ed il existait trois facteurs tr\u00e8s importants: son immense talent, l&#8217;influence de Gala et sa puissance de travail. Nous nous voyions quasiment chaque jour. Souvent je passais \u00e0 neuf heures du matin et je trouvais Dal\u00ed devant son chevalet, le pinceau \u00e0 la main. Je passais \u00e0 neuf heures du soir et la sc\u00e8ne n&#8217;avait pas chang\u00e9, il y avait des peintures partout et Gala \u00e9tait en \u00e9tat de fureur; elle s&#8217;\u00e9tait faite belle et voulait sortir au Casino -elle aimait jouer, mais raisonnablement mais impossible de faire quitter son \u0153uvre \u00e0 Dal\u00ed . Bien s\u00fbr, l&#8217;excentrisme du couple jouait un r\u00f4le certain . D&#8217;une certaine fa\u00e7on, par leur magn\u00e9tisme, ils ont attir\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements extraordinaires.<\/p>\n<p>Un jour, \u00e0 New York, le portier de l&#8217;h\u00f4tel m&#8217;informe qu&#8217;une femme d\u00e9sirait parler \u00e0 Gala tout en voulant garder l&#8217;incognito. Il s&#8217;agissait de Swetlana Stalin, fille de Josef Stalin. Gala trouva cette histoire un peu bizarre, mais elle la re\u00e7ut, en se maquillant pr\u00e9ablement. Sans ce rituel Gala ne se montrait jamais en public. Il faut remarquer que Gala \u00e9tait plut\u00f4t une personne qui fuyait le monde, fait difficile \u00e0 r\u00e9aliser car le couple se d\u00e9pla\u00e7ait sans cesse sous les yeux des foules. Elle ne parlait pas espagnol, et son catalan \u00e9tait juste suffisant pour donner des instructions aux domestiques. La langue commune entre Gala et Dal\u00ed \u00e9tait le fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Retournons \u00e0 Swetlana. Elle entra dans la chambre d&#8217;h\u00f4tel en s&#8217;exprimant en russe, mais Gala lui expliqua qu&#8217;elle pr\u00e9f\u00e9rait parler en fran\u00e7ais (langue pratiqu\u00e9e couramment dans la haute bourgeoisie Russe), car son russe n&#8217;\u00e9tait plus bon \u00e0 cause de sa longue absence de Russie. Ce n&#8217;\u00e9tait pas vrai, mais elle voulait que je puisse suivre la conversation. Il apparut que la fille de Stalin d\u00e9sirait lui parler car elle avait un probl\u00e8me et qu&#8217;elle avait seulement confiance en une femme de son pays, une russe. Swetlana avait re\u00e7u de la part d&#8217;une maison d&#8217;\u00e9dition un million de dollars pour ses m\u00e9moires et elle ne savait pas ce qu&#8217;elle devait en faire. Tout simplement, elle ne savait vraiment pas ce qu&#8217;elle devait en faire. J&#8217;ai ensuite plac\u00e9 son argent au Liechtenstein. Gala lui demanda pour quelle raison elle avait quitt\u00e9 la Russie.. Swetlana lui r\u00e9pondit mot pour mot: &gt; Mon p\u00e8re a tu\u00e9 ma m\u00e8re, et il voulait me tuer aussi. &lt; La vie future de Swetlana devait \u00eatre un p\u00e8lerinage entre le monde du capitalisme et du communisme. Elle se maria avec un architecte am\u00e9ricain mais ne put s&#8217;adapter au monde capitaliste; elle rentra ensuite en Russie mais ne put s&#8217;adapter non plus au monde communiste. Actuellement elle vit en Angleterre. Les histoires autour de Gala et Dal\u00ed, Dal\u00ed et Gala, constituent, entre autres, le th\u00e8me d&#8217;un livre que je suis en train de terminer et qui sera compos\u00e9 de 800 pages. Il a \u00e9t\u00e9 beaucoup \u00e9crit sur le couple c\u00e9l\u00e8bre et beaucoup sera encore \u00e9crit&#8230; Il y a parmi tous ces ouvrages du bon ou de l&#8217;acceptable, mais encore plus de mauvais ou tout simplement de mensonges. De toute mani\u00e8re je peux recommander le livre de Dal\u00ed &#8220;Ma vie secr\u00e8te&#8221;.<\/p>\n<p>Pourquoi nous sommes-nous s\u00e9par\u00e9s, Dal\u00ed et moi? J&#8217;avais une op\u00e9ration assez importante \u00e0 subir \u00e0 Paris suivie d&#8217;une longue convalescence. Dal\u00ed avait besoin de quelqu&#8217;un d&#8217;autre pour s&#8217;occuper de ses affaires. Je doute qu&#8217;il fit un bon choix. Quand nous nous sommes quitt\u00e9s il avait trente deux millions de dollars, et quand il mourut il \u00e9tait un homme endett\u00e9. Je me suis rendu compte que passer une aussi longue p\u00e9riode avec un g\u00e9nie \u00e9tait un don du destin cr\u00e9ant une vie fascinante mais aussi fatigante. Je l&#8217;ai accompagn\u00e9 durant l&#8217;\u00e9poque de sa grande cr\u00e9ativit\u00e9. A soixante-dix ans, Dal\u00ed, qui jusque l\u00e0 avait eu une excellente sant\u00e9 , d\u00fbt se faire op\u00e9rer et cette op\u00e9ration ne f\u00fbt pas tr\u00e8s bien r\u00e9ussie. A partir de ce moment-l\u00e0 il perdit jour apr\u00e8s jour ses forces mentales et physiques. Il est un peu exag\u00e9r\u00e9 de qualifier la fin de sa vie fin &#8220;tragique&#8221; comme se permit de le faire un reportage de t\u00e9l\u00e9vision r\u00e9alis\u00e9 en 1997. Je juge cette attitude anti-dalienne, cette tendance actuelle \u00e9tant malheureusement amplifi\u00e9e par les m\u00e9dias pour des raisons de vente (on peut \u00e9noncer des critiques qui vont \u00e0 l&#8217;encontre de son opinion r\u00e9elle). Cela est fort regrettable et injuste. Des millions de personnes vont continuer \u00e0 admirer l&#8217;\u0153uvre de Dal\u00ed tout au long du prochain si\u00e8cle et m\u00eame du prochain mill\u00e9naire, et des g\u00e9n\u00e9rations d&#8217;artistes vont s&#8217;inspirer de son \u0153uvre&#8230;&#8221;<\/p>\n<p>CapCreus online: &#8220;Capitaine John Peter Moore, nous vous remercions pour l&#8217;entretien.&#8221;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><!--:--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Interview avec John Peter Moore de l&#8217;ann\u00e9e 1998 Si l&#8217;on peut d\u00e9signer Picasso comme l&#8217;artiste &#8220;le plus connu&#8221; du \u00a0XX\u00e8 si\u00e8cle, Marc Chagall comme &#8220;le plus aim\u00e9&#8221;, on peut attribuer sans aucun doute \u00e0 Salvador Dal\u00ed le titre &#8220;d&#8217;artiste le plus important du XX\u00e8 si\u00e8cle&#8221;. Plus d&#8217;une million de visiteurs en quatre mois seulement au [&#8230;]\n","protected":false},"author":196,"featured_media":0,"parent":21083,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"class_list":["post-20246","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/20246","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/196"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20246"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/20246\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/21083"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cbrava.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20246"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}